jeudi, août 22, 2019
Carnet d'humeurs Grossesse La Graine

Arrêter de culpabiliser et profiter de ma grossesse

Je suis en arrêt depuis un peu plus de 2 semaines.

Des contractions trop nombreuses, un col modifié, et la frontière de la MAP (Menace d’Accouchement Prématuré) qui devient bien trop proche.

Après un passage aux urgences début juin, qui m’a un peu fait réfléchir. Mais pas longtemps, à vrai dire, car je sentais que ce n’était qu’une fausse alerte.

Après plusieurs semaines à négocier avec moi même, avec ma sage femme et mon médecin, et avec Mr Papaye, devant cette situation plutôt stable mais qui se dégrade doucement.

Avec cette sensation début juillet, que là, oui, ça travaille dans mon corps et que certaines de ces contractions agissent vraiment sur mon col.

Ça y est, je m’arrête et je laisse à cette grossesse la première place qu’elle mérite.

Il m’a fallu du temps pour écrire cet article, le temps de digérer je crois.

Qu’encore une fois, je n’aurai pas tenu jusqu’au bout, jusqu’au congé maternité. Comme mes 2 précédentes grossesses, l’arrêt s’impose bien avant le moment où j’aurai voulu. En vouloir à mon corps de ne pas faire ça plus facilement. En vouloir à mon esprit de ne pas accepter les choses telles qu’elles sont.

Culpabiliser. Puis doucement lâcher prise.

J’ai eu du mal à décrocher, vraiment. Accepter de laisser tomber mon travail, mes patients, que mes collègues aient un peu plus à faire en répercussion, ne pas pouvoir finir les projets commencés…

J’ai consulté et répondu à mes mails tous les jours au départ. J’ai envoyé des textos à mes collègues. Je me suis investie dans les révisions et la rédaction de mon mémoire de DU. Un travail en chassant un autre.

Je savais et je sais que la priorité, c’est ce bébé. Qu’il reste au chaud, là où il est, encore quelques semaines. J’en suis convaincue mais pourtant pas si facile d’accepter de lâcher sur le reste. C’est un travail de tous les jours. Qui se fait petit à petit.

Il m’aura fallu 2 semaines pour sentir que je commence à me défaire de ce poids. Je laisse doucement s’en aller cette culpabilité d’abandonner mes collègues dans cette période de vacances, toujours un peu plus tendue.

J’espace mes visites à ma boîte mail et ne répond plus à toutes les demandes. Je prends des nouvelles des collègues en vacances et moins de ceux qui travaillent.

Apprendre à profiter du temps qui coule plus doucement.

Ne rien faire. Prendre le temps. Savourer ces journées qui s’étirent. Dormir quand j’en ai besoin. Prolonger ma nuit sur le matin. Faire la sieste. M’allonger au milieu de la journée, comme cela m’a été prescrit depuis des semaines. Me reposer vraiment, comme tout le monde me le dit.

Prendre du temps pour ce bébé à venir. Me connecter à cette petite Graine. Caresser mon ventre, sentir ses petits coups, lui parler. L’imaginer, garçon ou fille. Calme ou actif. Compter les jours et les semaines. Penser au jour de sa naissance et à ceux qui vont suivre. Commencer la liste des affaires pour la maternité et regarder ce qui nous manque pour son arrivée.

Profiter de mes deux « grands » et leur offrir du temps de qualité avec une maman reposée et détendue.

Faire ce qui me fait du bien. Lire, écrire, bloguer, trier mes photos, cuisiner, nager… Voir ceux que j’aime.

Se dire que c’est probablement ma dernière grossesse, alors que des journées de travail, il y en aura plein d’autres.

Relativiser, redéfinir mes priorités. En apprendre toujours un peu plus sur moi.

 

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4 thoughts on “Arrêter de culpabiliser et profiter de ma grossesse

  1. Ton corps et ta tête sont en harmonie maintenant. Profites à fond de tous ces moments de repos. Et de tout ce qui te fait du bien. Bisous à toi Docteur Mamangue

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