vendredi, avril 03, 2020
Allaitement Allô Docteur Mamangue Vie de famille

Fin du congé maternité et choix professionnels

Déjà trois semaines que j’ai repris le chemin de la pédiatrie et impossible de trouver le temps d’écrire par ici !

Le rythme est soutenu depuis ma reprise. Ma priorité va, évidemment, aux enfants et ils sont à un âge où leurs besoins sont encore intenses. Je passe donc mes journées de repos à jongler entre la slow life que j’essaie de leur offrir quand je suis là, les obligations de la maison et les quelques rendez vous professionnels pour régler les derniers détails administratifs de ma rentrée. J’essaie en soirée d’avoir un peu de temps en tête à tête avec Mr Papaye. Et puis, je privilégie aussi mon sommeil (en retard) donc je n’écris jamais le soir, préférant lire quelques pages avant (d’essayer) de me coucher pas trop tard.

Bref, le blog passe souvent en dernier! Et moi, je recherche encore l’équilibre entre toutes mes vies !

Pendant ce temps là, les brouillons s’entassent car il faut bien le dire, la reprise des consultations me donne de la matière pour écrire. J’ai plein d’idées qui tourbillonnent pour les jours (lointains) où j’aurai du temps.

La fin du congé maternité

J’ai repris le travail début février après 6 mois de congé maternité dont 4 mois passés avec mon Litchi. Pour moi, c’est vraiment tôt.

Le congé maternité pour un premier ou un deuxième enfant est de 10 semaines après la date théorique de terme. Pour un troisième bébé, il est de 4 mois. Cela reste si court dans tous les cas. La majorité des couples ne sont pas prêts à laisser leur enfant à un(e) inconnu(e) toute la journée. Mais ils n’ont souvent pas le choix. Combien de bébés font des vrais nuits quand leur maman retourne travailler ? Combien d’allaitements s’arrêtent prématurément à cause d’une séparation prolongée la journée ? Combien de parents ont l’impression de rater les premières fois de leur enfant?

Quel est ce pays où l’on doit laisser son bébé âgé de quelques semaines ou mois au mieux ?

Le débat est vif dans la société entre ceux qui pensent à l’intérêt de la famille et de l’enfant, en proposant d’allonger les congés maternité et paternité. Et nos politiciens qui estiment que cela coûterait trop cher. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas sûr du tout, au vu des études et des décisions prises par d’autres pays.

Évidemment, de mon point de vue de pédiatre, la possibilité d’un congé maternité d’au moins 6 mois (9 ou 12 mois serait encore mieux) après la naissance, rémunéré plein salaire, serait le minimum à proposer à toutes les mamans. Tout en laissant la liberté aux quelques unes qui le souhaitent de reprendre plus tôt.

Cela répondrait à un vrai désir de beaucoup de parents. Et ce serait surtout admettre l’importance du respect des besoins des bébés pour leur permettre de bien grandir.

En matière de promotion d’allaitement maternel et d’objectif de prolongation de celui-ci, cela serait également un geste fort. Car la reprise du travail est très souvent la raison du sevrage (voulu ou non) des nourrissons.

Et si on prenait un congé parental ?

Pour beaucoup de mamans (et papas d’ailleurs) se pose la question du congé parental. Mais avec 400 euros d’allocation mensuelle, en cas d’arrêt total de son activité, cela ne mène pas loin. La perte de salaire est donc souvent trop importante. Ne peuvent se le permettre que peu de parents. En gros, ceux dont l’autre conjoint a des revenus suffisants pour faire vivre toute la famille. Ou parfois des parents dont frais de transport et frais de garde prolongée rendent la reprise finalement tout aussi difficile d’un point de vue financier. Mais il reste que ceux qui font ce choix du congé parental se retrouvent le plus souvent à devoir se serrer la ceinture pendant plusieurs mois.

En ce qui me concerne, j’avais envisagé de rester quelques semaines de plus à la maison pour m’occuper de Litchi à temps plein encore un peu. Cela aurait été un petit sacrifice financier bien sûr. Mais j’avais pu mettre un peu d’argent de côté à la fin de mon CDD en prévision d’un ou deux mois sans salaire. Cela aurait été plus en accord avec mes convictions concernant les besoins de mon bébé. Et puis, une de mes collègues partait à son tour en congé maternité et n’avait personne pour la remplacer auprès de ses petits patients. J’ai donc finalement décidé de reprendre dès le lendemain de mon dernier jour de congé maternité, mais à temps partiel.

Projets d’avenir et choix du temps partiel

L’exercice salarié

Avant mon congé maternité, j’étais neuropédiatre salarié, dans la structure dans laquelle j’avais réalisé mon dernier stage d’interne. Lorsque la chef de service m’a proposé ce contrat, il s’agissait de 3 jours par semaine seulement. Et, après réflexion en couple et calcul avec le salaire moindre qui allait avec forcément, cela m’allait finalement très bien comme ça. J’y ai trouvé un super équilibre entre ma vie familiale, mes projets personnels et ma place dans cette équipe professionnelle avec laquelle j’ai adoré travailler. J’avais d’ailleurs parlé ici de cette organisation.

Il s’agissait d’un poste temporaire pour dépanner mes collègues en attente d’une pédiatre qui devait arriver quelques mois plus tard. Cela s’est finalement transformé en une année entière. J’y ai appris beaucoup, en particulier sur la différence et le handicap. J’ai engrangé de l’expérience auprès des nombreux autres professionnels de santé avec lesquels j’ai eu la chance de travailler : infirmier(e)s, auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants, orthophonistes, psychologues, psychomotriciens, kinésithérapeutes, neuropsychologues… Et je sais que toutes ces rencontres et ce travail de management d’équipe vont m’apporter un plus non négligeable dans ma future pratique.

Mon contrat s’est donc terminé au début de mon congé maternité. Il me fallait donc retrouver du travail pour cette année 2020.

Le choix du libéral

Sur le long terme, mon objectif a toujours été et reste, à priori, de m’installer en tant que pédiatre libéral.

Mais je n’en suis pas sûre à 100% car il y a un certain nombres de structures dont le travail me plaît beaucoup aussi. Comme les CAMSP (Centre d’Action Médico-Social Précoce), les CRA (Centre Ressources Autisme) ou les CRTLA (Centre référent pour les Troubles du langage et des Apprentissages) par exemple. En effet, ma passion pour le neurodéveloppement m’a conduite vers la formation complémentaire en neuropédiatrie puis vers le DIU neurodévelopement que j’ai réalisé l’année dernière. J’ai donc déjà travaillé dans le domaine des retards de développement, des troubles des apprentissages, des troubles du spectre de l’autisme… Que des expériences qui m’ont enchantées. Ce type de lieux me permettrait de ne faire quasiment que ça.

En même temps, j’adore aussi le suivi classique et le dépistage chez les nourrissons et les enfants en bonne santé. J’aime prendre le temps de discuter du sommeil ou de l’alimentation avec les parents. Je suis particulièrement attachée au fait de créer un lien à long terme avec les familles. J’y ai, aussi, cette possibilité d’orienter mes consultations vers une sur-spécialité comme la neuropédiatrie mais sans faire uniquement ça. De plus, lorsque j’étais étudiante et interne, je n’ai jamais apprécié les contraintes administratives et hiérarchiques de l’hôpital. Le libéral, c’est aussi être son propre patron. Même si je ne me leurre pas non plus sur les inconvénients de la formule.

J’ai donc choisi de commencer par refaire des remplacements en pédiatrie de ville. J’en avais déjà fait, lors de mon stage en cabinet de pédiatrie puis pendant quelques mois après la naissance de Goyave, à l’occasion d’une pause dans mon internat. J’avais repris au CHU avec la très grande envie de retourner en libéral au plus vite.

L’avantage de commencer par des remplacements avant une éventuelle installation est que cela demande nettement moins d’engagements. Cela permet d’ « essayer » différents cabinets, de comparer les modes de fonctionnements et de se faire une idée plus précise pour le jour où l’on souhaite s’installer. D’un point de vue financier, le médecin remplacé nous reverse une partie des honoraires des consultations faites et il n’y a pas de grosses charges comme le loyer ou le salaire de la secrétaire à payer.

Et la poursuite du temps partiel

Autant, j’étais prête à reprendre plus tôt que ce que j’avais imaginé, pour aider ma collègue, autant pas question pour moi de reprendre à temps plein. J’ai trop apprécié l’équilibre que m’a apporté le temps partiel l’année dernière pour y renoncer. J’ai choisi de démarrer à trois journées par semaine. Et cela compense un peu cette reprise précoce en m’offrant finalement quatre journées à la maison.

J’ai donc conservé le même rythme et suis au cabinet les lundi, mercredi et jeudi. Le mardi, je ne garde que Litchi et je vais chercher Goyave le midi pour déjeuner puis de nouveau à 16h30. Et le vendredi, je garde mes deux garçons et fais pareil pour Goyave. Cela me laisse aussi le temps de voir mes copines mamans à temps partiel ou en congé maternité, ou l’opportunité d’accompagner les sorties scolaires.

 

Voilà pour les réflexions précédant ma reprise. La prochaine fois, je vous raconte comment cela se passe pour moi et les répercussions sur le reste de la famille. En attendant les articles de fond sur les sujets pédiatriques qui vont me demander un peu plus de temps pour approfondir mes recherches et rédiger !

 

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18 thoughts on “Fin du congé maternité et choix professionnels

  1. En Allemagne, le congé parental d’une année est la norme et l’on touche environ 70% de la moyenne de son salaire des douze derniers mois, cette somme étant plafonnée à environ 1800€. Comme j’ai trois enfants en cinq ans, j’ai eu droit à une prime de 150€ (si je me souviens bien) qui se rajoutait tous les mois aux 1800€. En parallèle, je n’avais plus à payer la sécu et la mutuelle (500€ par mois) et je touchais les allocations familiales. A peu de choses près, on arrive au salaire que je touchais avant mon congé parental. Je sais que pour les Françaises, c’est vraiment idyllique. Mais il faut retenir aussi la très forte pression de la société allemande sur les mères et la quasi-obligation de partir un an en congé parental. C’est plutôt mal vu de vouloir reprendre avant et c’est de toute façon extrêmement difficile de trouver un mode de garder pour un bébé de moins de un an, la majorité des crèches n’acceptant les enfants qu’à partir de un an. La reprise est forcément à temps partiel car beaucoup de crèches ferment à 16h voire à 14h.
    J’avais écrit un article sur le sujet, si cela t’intéresse.
    http://3kleinegrenouilles.com/grossesse-allemagne-postpartum
    Bonne reprise en tout cas et j’espère que l’équilibre se fera vite entre tes différentes vies. 😉

    1. Merci pour ton commentaire! J’avais déjà lu ton article quand j’ai découvert ton blog, je l’avais trouvé très intéressant. La pression ressenti par les mères allemandes n’est clairement pas enviable. L’idéal serait bien sûr un vrai choix laissé aux parents.

  2. Pas facile de faire des choix pour concilier au mieux vie personnelle et vie professionnelle. Vous avez su en discuter et je pense que vous allez vite trouver votre équilibre :).
    Et c’est cool de te lire à nouveau ^^

  3. Le temps partiel, ça me semble vraiment l’idéal lorsqu’il n’est pas trop délétère pour le budget global ! J’ai ai goûté durant 5 mois pour ma fille, j’ai eu beaucoup de mal à revenir à 100% !
    Cela semble être un super compromis, j’espère qu’il te satisfait !

  4. 18 mois ici au Canda et on a savoure! Pas comme mes 2 premiers enfants nes en France! Allaitement long et chouchoutage! Bonne rentree professionnelle!

  5. Vous avez l’air d’avoir trouvé votre équilibre, c’est super !
    Ma reprise (à temps partiel officiellement, mais complet en réalité) après mon congé maternité pour ma première avait été horrible, pour ma petite dernière, nous avons un peu anticipé les choses (financièrement parlant) ce qui m’a permis de prendre un congé parental. Une décision que je savoure chaque jour.

  6. Je partage ta colère contre ce congé maternité si court, c’est une honte terrible pour notre pays !
    Malgré cela on dirait bien que vous avez trouvé un rythme qui vous convient et qui vous permet de profiter les uns des autres. Si je ne m’abuse M. Papaye reste avec les enfants, non ?

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