jeudi, novembre 21, 2019
Goyave Grossesse

La naissance de Goyave

A quelques jours/semaines de la naissance de notre Graine, j’imagine le jour de sa venue au monde. Et cela me rappelle forcément les naissances de Goyave et de Kiwi.

Je n’ai jamais pris le temps d’écrire le récit de leurs naissances respectives. Pourtant, j’ai adoré lire de tels récits pendant mes trois grossesses. Et ce sont des souvenirs uniques dans ma vie. Ce blog me donne l’occasion de le faire maintenant et de consigner quelques images forcément imprécises mais que j’aurai plaisir à retrouver dans quelques mois ou années.

Mai 2016 : L’arrivée de Goyave dans nos vies.

J-19 du terme : Samedi soir : nous fêtons les 30 ans d’un ami de Mr Papaye. J’ai passé les 37 SA. Après un arrêt de travail précoce pour cause de contractions fréquentes puis une hospitalisation d’une semaine pour MAP (Menace d’Accouchement Prématuré). Alors depuis que j’ai le droit de rebouger librement, j’en profite. Malgré mon gros bidon, je danse avec mes copains et me couche très tard.

J-18 : Le lendemain, grasse matinée puis balade en amoureux autour d’un lac. On marche 4.5 km et c’est très agréable. Quelques contractions mais rien de plus notable que tous les autres jours.

J-17 : Lundi matin, Mr Papaye part travailler et je traîne un peu au lit pour rattraper les heures de sommeil manquantes.

9h : Je suis réveillée par une inondation. Pas de doute possible, c’est la rupture de la poche des eaux. Moi qui me demandais si je saurai quand partir à la maternité, au moins là c’est clair. J’appelle Mr Papaye qui n’aura travaillé que 30 min. Et je vais prendre une douche. Ça coule à chaque pas, c’est chaud. Je parle à mon bébé et je lui dis « Alors c’est aujourd’hui que tu as choisi pour naître. » (Si j’avais su la suite…)

10h30 : Arrivée à la maternité, je ne ressens aucune contraction et le monitoring confirme. Je suis à 2 mais depuis plusieurs semaines déjà.

11h30 : Après 1h de monito, la sage femme me propose d’aller marcher dehors pour essayer de lancer le travail. Il fait beau et assez chaud en cette journée de printemps. Avec Mr Papaye, on fait plusieurs fois le tour de l’hôpital, on blague à l’idée de croiser des collègues à moi car c’est aussi là que je travaille. On monte et on descend quelques escaliers.

13h : On repasse voir la sage femme mais je ne sens toujours que mes quelques contractions espacées habituelles. Pause pique nique puis on retourne marcher tous les deux.

16h : Pas d’évolution, la sage femme me propose de m’installer dans une chambre à l’étage et de faire un peu de ballon pour changer puis de me reposer. Elle commence à évoquer un déclenchent pour le lendemain matin, 24 h après la rupture de la poche des eaux, si rien ne se passe d’ici là.

18h : On s’occupe comme on peut mais on commence à imaginer que le travail ne se lancera pas seul.

21 h : Mr papaye rentre à la maison pour manger et dormir. Il reviendra demain pour le déclenchement ou avant, si jamais il daigne se passer quelque chose.

22 h : Je me couche et j’essaie de dormir puisque finalement le grand jour ce sera demain.

La nuit est entrecoupée. Le mode baleine dans un lit d’hôpital est loin d’être confortable.

5 h : Réveil avec des contractions toutes les 5 min, pas franchement douloureuses au départ. Je somnole dans mon lit pendant 1h puis me lève faire du ballon.

7h : Les contractions s’intensifient doucement, je trouve plus dur de les gérer avec ma voisine de chambre à côté car je n’ose pas souffler aussi fort que je voudrais.

8h30 : J’appelle la sage femme. On est censé me déclencher dans une demi-heure alors j’aimerai savoir où j’en suis. Verdict 4 cm! On descend en salle de naissance. Et je laisse un message à Mr Papaye pour qu’il m’y rejoigne directement.

9h : On s’installe dans l’espace physiologique puisque nous avons un projet de naissance la plus naturelle possible. La pièce me plaît bien et je me sens en confiance.

La matinée passe, on ne voit pas la sage-femme plus de 5 minutes mais ça nous va. On fait notre truc tous les deux. Les contractions sont gérables avec l’aide de Mr Papaye et ses mains magiques dans le bas du dos. Je passe beaucoup de temps sur le ballon. On écoute de la musique. On arrive à discuter encore un peu.

13h : Mr Papaye part pour une pause déjeuner rapide. Moi, je n’ai officiellement pas le droit de manger mais je grignote quand même quelques fruits secs en douce. C’est moins sympa toute seule mais je gère.

14h30 : Je suis à 7, ça commence à devenir plus difficile. Je me mets à vocaliser un peu lors des contractions et ça m’aide bien.

16h : C’est long, c’est dur, je sens que je fatigue. Je passe un long moment sous la douche chaude, cela fait du bien. Un bain aurait été encore mieux mais pas possible, selon le protocole de l’hôpital, une fois la poche des eaux rompue. La sortie de la douche est difficile, je fatigue et les contractions me semblent beaucoup plus difficiles à traverser et beaucoup trop rapprochées pour souffler vraiment entre.

J’ai une phase où je dis à Mr Papaye que je n’y arriverai jamais mais mon souvenir en est flou.

17h45 : Dilatation complète, on attend que le bébé descende. Nous avons hâte de voir enfin sa bouille et de découvrir s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon.

19h45 : Je suis à dilatation complète depuis 2h. La sage-femme m’examine et le bébé est encore haut. Elle propose un essai de poussée pour voir s’il descend mais je n’ai plus aucune contraction, enfin si toutes les 10-15 minutes. A la poussée, le bébé descend un peu puis remonte aussitôt.

Comme le rythme cardiaque est bon, elle propose d’attendre 1h de plus. Moi, je suis épuisée et comme je n’ai quasi plus de contractions, je somnole.

21h : La sage femme revient, c’est le changement d’équipe. Elle me présente sa collègue, qu m’examine, pas d’évolution, bébé toujours haut. Elles décident donc d’appeler l’interne puis le gynécologue. Echo pour s’assurer de la position de la tête du bébé : RAS.

21h20 : Le gynéco propose d’essayer des forceps sur une poussée mais ne semble pas très convaincu car le bébé est normalement encore trop haut pour tenter ce genre de manoeuvre. Au passage, il commence l’ocytocine, l’hormone de synthèse pour relancer les contractions.

Et là, c’est le pire moment de cet accouchement, tentative de forceps sans péridurale, après des heures de travail, je hurle. Le gynéco s’arrête, dit que ça ne sert à rien, que le bébé est trop loin, et qu’on passe en césarienne.

Sur le coup, je ne sais plus trop ce que je ressens, le soulagement qu’il ne réessaie pas surtout. Pas de déception, j’ai été au bout de ce que je pouvais.

L’anesthésiste passe aussitôt. Comme je n’ai pas de péridurale, on m’a annoncé une probable anesthésie générale avant son arrivée. Mais, elle est super et me dit qu’elle va faire une rachianesthésie pour que je puisse accueillir mon bébé. C’est un peu plus long mais comme son rythme cardiaque est toujours bon, on peut se le permettre.

21h40 : Transfert au bloc. L’ocytocine agit et j’ai des contractions terribles, toutes les deux minutes. Sur un brancard, dans les couloirs vers le bloc, c’est l’horreur. Tenir la position pour la pose de la rachianesthésie est difficile mais l’anesthésiste est efficace et rapide.

Le gynéco demande s’il peut y aller et moi je sens encore parfaitement les contractions, je panique. L’anesthésiste lui demande d’attendre encore 5 minutes. Il râle un peu pour la forme (pendant ce temps, plus de surveillance du coeur du bébé donc pour lui, ça devient urgent de le sortir de là) mais il attend heureusement. Petite chute de tension et démangeaisons partout, effets secondaires de l’anesthésie.

Mr Papaye entre pour me rejoindre.

Incision, je sens que ça me secoue. Le gynéco demande à l’interne ce qu’elle veut comme pizza pour dîner après. L’anesthésiste me rassure et Mr Papaye sert ma main. Je vais enfin rencontrer mon bébé.

21h56 : « C’est une petite demoiselle ». Je vois mon bébé, passer par dessus le champ et on me le dépose quelques secondes sur la poitrine. Voilà, c’est Goyave qui nous a rejoint. Pas vraiment le temps de réaliser, la sage-femme l’emporte, suivie par son papa.

22h : Le gynéco me recoud puis passage en salle de réveil. Pendant ce temps, Goyave profite de son premier peau à peau avec son papa. Ils me rejoindront une demi-heure plus tard et c’est là que je la rencontre vraiment. Première tétée. Bienvenue Goyave !

Au final, pas d’explications sur le pourquoi elle n’est jamais descendue. A chaque grossesse, je refais l’histoire en me demandant si telle attitude à tel moment aurait changé la fin de l’histoire. Mais pas de vrais regrets, je considère que tout le travail a été un beau moment malgré la douleur et que j’ai réalisé ce que je voulais, dans la limite de ce que je pouvais. Le final, c’est que mon bébé est enfin arrivé, en bonne santé alors tant pis si ce n’est pas par la voie classique.

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6 thoughts on “La naissance de Goyave

  1. On a l’impression de vivre l’accouchement (et les différentes émotions) en même temps que toi.
    Chaque grossesse est différente et chaque accouchement aussi. C’est une aventure 😉

  2. C’est vraiment cool que l’anesthésiste ai pu tout faire pour que tu ais une rachi ET qu’ils attendent qu’elle fonctionne. Je comprends que tu refasses le fil dans ta tête. Je refais pareil avec la naissance de Samuel qui a fini en césarienne d’urgence. Et si j’avais fait ma tête de mule et que j’avais refusé la péridurale qu’on m’a imposée. Si au lieu de rester dans mon lit à la maison j’avais essayé de marcher et de bouger au maximum ?

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