mardi, janvier 26, 2021
Grossesse Kiwi

La naissance de Kiwi

En écho à l’article pour ses trois ans, voici le récit de la naissance de notre Petit Kiwi.

Vous le partager ici, c’est ma manière de garder le doux souvenir de ces moments exceptionnels.

Décembre 2017 :

Kiwi est annoncé comme un gros bébé, tout en haut des courbes. Avec mon antécédent de césarienne pour Goyave, le gynécologue de la maternité a décidé de ne prendre aucun risque. Il souhaite déclencher la naissance à 38 SA. Ou faire une césarienne si le col n’est pas favorable à ce moment là pour le déclenchement. Ce n’est pas vraiment dans les critères des recommandations internationales mais il me fait suffisamment peur avec les risques encourus pour que nous convenions d’un rendez-vous le jour des 38 SA. Rendez-vous où l’on décidera : soit déclenchement le jour même, soit au maximum à 39 SA. Deuxième option que j’espère négocier pour laisser à ce bébé la chance de venir par lui même.

37 SA + 5 jours : C’est un dimanche. Ma petite sœur passe le week-end à la maison pour garder Goyave en cas de départ à la maternité. Je fais un bel épisode de faux travail avec des contractions toutes les 5 minutes, régulières, pendant toute la matinée. On fait une balade avec Goyave pendant que ma sœur dort encore. A midi, on commence à envisager de partir à la maternité même si les contractions sont encore gérables. On prend le temps de déjeuner tous ensemble et tout s’arrête.

Le jour des 38 SA arrive, j’ai rendez-vous à 9h avec le gynécologue.

4h du matin : Réveillée par des contractions. Phénomène non exceptionnel puisque j’en ai eu pendant toute ma grossesse. Je vais faire pipi et me recouche, en général, ça suffit à calmer le jeu.

5h : Je n’ai pas réussi à me rendormir, les contractions sont peu intenses mais régulières toutes les 5 minutes. Je décide de me lever et m’installe dans le salon pour finir d’écrire ma thèse. Il me reste quelques détails à fignoler avant de l’envoyer, avec une date limite trois semaines plus tard. J’allume un feu de cheminée et travaille sur mon ordinateur, assise sur mon ballon. Les contractions restent aux 5 minutes.

6h30 : Point final, je pense que ma thèse est prête à être envoyée. Une bonne chose de faite. Je me fais une tisane puis décide d’aller prendre un bain. J’aimerai savoir avant d’arriver au rendez-vous avec le gynéco si les contractions annoncent le début du travail ou si c’est un faux travail encore. Le ventre dans l’eau, je ne ressens plus les contractions mais constate qu’elles sont toujours là en posant ma main sur mon ventre.

7h : Mr Papaye se réveille. Je lui explique où j’en suis et nous décidons d’emmener Goyave à la crèche puis de se rendre au rendez-vous ensemble.

8h30 : Mr Papaye dépose Goyave à la crèche. J’attends dans la voiture, les contractions sont plus difficiles à gérer coincée sur le siège.

9h : On arrive à la maternité. Le gynéco est en retard, comme toujours. Bien qu’on soit probablement son premier rendez-vous ! Mais je suis bien placée pour savoir qu’un staff peut aussi s’éterniser. Dans la salle d’attente, les contractions restent aux 5 minutes et sont plutôt gérables. On patiente, on s’imagine que notre bébé va naître aujourd’hui, on continue à parier sur le sexe. Je me lève faire quelques pas pour chaque contraction.

9h25 : Le gynéco nous reçoit. Col ouvert à 4. C’est bien le début du travail. Il nous accompagne en salle de naissance et nous confie à un jeune sage-femme, à qui il dit: « Gros bébé, antécédent de césarienne, c’est pas gagné pour la voie basse. ». Devant nous ! Encore merci pour les encouragements !

10h : Mise en place du monitoring pour 1h. Je ne sais pas si ce sont les « encouragements » du gynéco ou juste le changement d’atmosphère, mes contractions s’espacent et deviennent irrégulières. Il ne se passe presque plus rien pendant cette heure.

11h30 : Le sage-femme nous transfère à une de ses collègues. Tant mieux, elle a l’air plus sympa et surtout moins stressée que lui. Elle est accompagnée d’une toute jeune étudiante, qui fait son premier stage. La sage-femme nous propose de rompre la poche des eaux pour relancer le travail, avant de décider si elle met en place de l’ocytocine de synthèse. Nous hésitons un peu car c’est déjà s’éloigner de l’accouchement tel que nous le souhaitions. Mais en même temps, ils ne vont pas nous laisser des heures, et encore moins rentrer à la maison. Avec leur protocole AVAC (Accouchement Vaginal Après Césarienne), nous savons bien que les choses sont minutées.

12h : Alors va pour la rupture. Qui se révèle efficace, les contractions redeviennent aussitôt régulières. Nous reprenons les gestes utilisés pendant la naissance de Goyave. Mr Papaye m’appuie sur deux points en bas du dos pendant chaque contraction. Nous sommes dans notre bulle. Nous écoutons de la musique et plaisantons entre deux. L’élève sage-femme vient régulièrement remettre les capteurs du monitoring qui se sauvent.

13h30 : Je suis à 5 centimètres. Confirmant que les choses continuent d’avancer tranquillement. Pas très vite mais cela suffit à cette sage-femme plutôt zen. Nous continuons à gérer tous le deux, une contraction après l’autre. Un peu de ballon, un peu de danse en amoureux. J’ai mal pendant la contraction mais Mr Papaye m’accompagne de ses mains magiques et je me repose entre. Je suis plutôt confiante.

16h : Je suis à 7. La naissance ne semble pas imminente. Mr Papaye appelle mon papa pour qu’il aille chercher Goyave à la crèche. Nous avons peur que ce bébé ne soit pas sorti pour 18h. Papy est sur son tracteur et panique un peu quand nous lui annonçons qu’il a deux heures pour aller chercher sa petite fille alors qu’il a une heure et demie de route.

16h45 : Les contractions sont très rapprochées et s’intensifient encore. Je commence à avoir du mal à gérer. J’accroche les épaules de Mr Papaye à chaque contraction et je lui dis que je n’y arriverai jamais. J’ai une douleur horrible dans le bas du ventre, à l’emplacement de ma cicatrice de césarienne, qui ne cède pas entre deux contractions. Elle est pire que les contractions elles-mêmes. Je sens la panique m’envahir à l’idée que mon utérus soit en train de se rompre. Ma bulle a éclaté. J’appelle la sage-femme pour lui faire part de mes inquiétudes. Elle prend les choses au sérieux et appelle l’interne. Ce dernier réalise une échographie et dit qu’il ne voit rien de particulier. Ils discutent et décident qu’il faut poser une péridurale, au cas où l’on doive partir en césarienne en urgence. Encore un élément qui nous éloigne de notre projet de naissance. Mais je suis si mal que j’accepte presque avec soulagement.

17h10 : L’anesthésiste et l’infirmière arrivent, enfin ! Cette dernière demi-heure a été très difficile, à la fois physiquement et psychologiquement. Ils font sortir Mr Papaye et me posent la péridurale. J’ai beaucoup de mal à ne pas bouger pendant et je m’accroche aux mains de l’infirmière anesthésiste de toutes mes forces.

17h15 : Je suis très rapidement soulagée mais le bébé présente aussitôt des ralentissements cardiaques. La sage-femme me propose de m’installer sur le coté pour aider à bien l’oxygéner. Et aussi de me réexaminer pour savoir où on en est et s’il faut envisager la césarienne.

17h20 : Je suis à dilatation complète et le bébé est bien engagé ! Voilà pourquoi c’était devenu si dur, le travail s’est accéléré d’un coup. Vite, elle appelle du renfort et commence à s’installer pour la poussée.

17h30 : Dernière poussée et le voilà !  C’est un petit garçon ! Kiwi nous a rejoint et je savoure ces premiers instants où je peux le garder contre moi, contrairement à Goyave qui m’avait été enlevée aussitôt.

17h45 : Expulsion du placenta dont je ne me rends même pas compte, tellement je suis absorbée par mon bébé. Par contre, je ressens les effets secondaires de la péridurale : froid, démangeaisons et bien sûr, difficultés à bouger mes jambes. Quel dommage d’en subir les inconvénients alors que mon bébé est arrivé si vite après la pose. Mais pas de regrets, elle est arrivée au moment où je ne pouvais pas aller plus loin, trop de peurs en moi et autour de moi.

18h30 : Première tétée, pesée retardée, câlins à volonté, je profite de mon bébé tout neuf pendant que Mr Papaye file retrouver sa petite grande fille. Il lui montre des photos de Kiwi et elle lui dit en montrant l’image : « Bébé Maman ».

La première rencontre entre les deux se fera le lendemain, un moment, empli d’émotions, gravé dans ma tête. Suivi du retour à la maison tous les quatre juste après.

 

Cet accouchement ne s’est pas passé exactement comme nous l’aurions voulu. Il y a eu plus d’interventions extérieures que souhaité. Mais le plus important, c’est que j’ai réussi mon AVAC malgré le peu d’enthousiasme du gynécologue au départ. Ouvrant ainsi la voie à la naissance de Litchi que vous pouvez retrouver ici.

Et pour ceux qui ne l’auraient pas lu, la naissance de Goyave est aussi en ligne.

Rendez-vous sur Hellocoton !

7 thoughts on “La naissance de Kiwi

  1. Même si Kiwi n’a pas eu la naissance dont vous rêviez c’est déjà très chouette d’avoir pu vivre un AVAC. Et puis tu as pu réaliser ton rêve de naissance physiologique avec ton dernier accouchement, tu pourras vraiment dire que tu as vécu trois naissances totalement différentes !

  2. Nous avons un point commun. Pour mon aîné, je devais être déclenchée le lundi matin car mon placenta était vieilli. Cela me stressait… et les contractions sont arrivées dans la nuit du dimanche au lundi !
    Joli récit de naissance !

Laisser un commentaire

Back To Top