lundi, juin 01, 2020
Allaitement Allô Docteur Mamangue Vie de famille

Bilan à un mois de ma reprise

La dernière fois, je vous racontais mes réflexions de fin de congé maternité. Aujourd’hui, je reviens sur ce premier mois de reprise.

D’un point de vue professionnel

Après ces quatre premières semaines de remplacement, je peux vous dire que, professionnellement, je suis très satisfaite de cette reprise. Avoir choisi de reprendre une activité de pédiatrie libérale me convient parfaitement pour le moment. C’est exactement ce à quoi j’aspirais, retrouver la relation qui se crée lors des consultations, varier mon activité, être autonome, gérer mon temps…

J’ai du plaisir à aller travailler le matin, je rentre tard le soir sans culpabiliser ou presque. J’ai l’impression d’être utile aux enfants que je rencontre, et à leurs parents et cela me réjouit. J’enchaîne les consultations sans trop de pauses et pourtant, je ne ressens pas (trop) la fatigue accumulée ces dernières semaines. C’est donc que je suis bien dans ce que je fais.

Les motifs de consultations sont variés, allant du suivi des nourrissons aux consultations d’urgence en passant par des demandes plus spécifiques comme les difficultés d’apprentissages, les retards de croissance ou de développement, les problèmes de harcèlement scolaire ou les troubles alimentaires.

Je suis, de nouveau, surprise par le nombre de parents qui m’interrogent sur des problématiques liées à l’éducation, à la gestion du sommeil ou aux émotions par exemple. Je m’étonne d’entendre des mamans (pas de papas pour l’instant) qui me demandent si elles doivent laisser pleurer leurs bébés, s’ils seront des enfants capricieux ou inadaptés si elles les prennent à bras lorsqu’ils pleurent…. Souvent, ces questions viennent en fin de consultation, quand le temps pour en discuter plus profondément, commence à manquer. Ma position est le plus souvent de donner quelques faits objectifs puis d’essayer d’aider les parents à mettre le doigt sur leurs envies pour accompagner leurs enfants. Ce sont des moments qui me plaisent car une relation particulière se noue lors de ces échanges. Mais c’est aussi drôlement chronophage. Alors j’apprécie quand l’enfant suivant a (juste) une fièvre et que son parent veut vérifier que ce n’est pas (encore) une otite. Ça va vite et ça me permet de rattraper mon retard.

Je suis plutôt à l’heure, j’ai maximum dix minutes de retard en temps normal. Il m’est déjà arrivé d’avoir jusqu’à quarante-cinq minutes de retard mais à chaque fois, c’est que la situation le méritait. Et je m’excuse toujours lorsque je ne prends pas les gens à l’heure. A mon sens, c’est la moindre des choses. Et parfois, c’est qu’une famille est arrivée en retard. Le prédécesseur de celle que je remplace avait facilement une heure de retard et il y a encore des parents qui pensent que cela sera pareil avec nous.

Mes collègues sont chouettes et, même si nous ne nous croisons finalement pas beaucoup, j’ai plaisir à discuter avec elles. Le cabinet où j’exerce actuellement présente de nombreux avantages d’un point de vue pratique. J’y pioche des idées pour une éventuelle installation. Et je note aussi quels sont les point à éviter. Cette semaine, je vais commencer à remplacer également dans un autre endroit, cela me permettra de comparer.

Et pour notre famille ?

Et oui, c’est moi qui suis retournée au travail mais finalement c’est toute l’organisation de notre petite tribu qui se trouve modifiée.

Après quelques sueurs froides et retournements inattendus de situation quant au mode de garde de Litchi, nous avons obtenu une place dans la même MAM que Kiwi dès début janvier. L’adaptation s’est donc faite en douceur sur tout le mois de janvier.  Depuis ma reprise, il y va donc trois jours par semaine et je le garde avec moi les deux autres jours. Le point le plus dur pour moi, c’est la longueur de ses journées et surtout de notre séparation. Son papa le dépose à 8h et le récupère à 18h. En ce qui me concerne, nous sommes séparés de 7h45 jusqu’à 19h30 en moyenne mais parfois plus tard. Je trouve ça drôlement long pour un petit bonhomme de 5 mois. Je suis donc très heureuse d’avoir quatre journées entières pour compenser. En terme d’alimentation à la MAM, les choses ont peu progressé. Il prend deux à trois biberons de 90 à 130 mL par jour là bas. Il se rattrape donc la nuit en tétant toutes les deux heures ! J’exagère à peine. Bien que, nous connaissons actuellement un léger mieux niveau sommeil et cette nuit, il a même de nouveau enchaîné 7 h sans téter. Je ne le dis pas trop fort, pourvu que cela dure un peui!

Pour Kiwi, cela a changé peu de choses à son rythme. Il continue d’aller à la MAM comme avant. La seule différence, c’est qu’il y va aussi le mercredi, soit quatre jours par semaine au lieu de trois. Au départ, il ne s’intéressait que très peu à la présence de son frère à ses côtés, contrairement à la maison où il est depuis toujours sur son dos. Maintenant, il le cherche régulièrement et va le voir pour lui faire des bisous aussi là bas. Il en devient même un peu pot de colle avec les autres bébés, au grand désarroi de sa nounou.

En ce qui concerne Goyave, ma reprise a rimé avec découverte de la garderie périscolaire. Deux soirs par semaine, c’est son papa qui doit aller la chercher après avoir pris les garçons à la MAM. Il la récupère vers 18h30. Elle a donc deux heures de garderie après l’école et elle adore ça. La première fois que nous l’y avons laissé, elle a râlé car on arrivait trop tôt. Il faut dire que dans notre petit village, beaucoup d’enfant vont à la garderie matin et soir. Elle y retrouve donc ses copains de classe, ainsi que des plus grands qui l’ont pris sous leurs ailes l’année dernière à son arrivée dans l’école. Elle y va également le mardi matin. Son papa la dépose en partant travailler pour que je puisse traîner au lit avec Litchi. Un petit répit dans la course des trajets qui me fait beaucoup de bien. Elle mange à la cantine deux jours par semaine quand nous travaillons tous les deux. Et semble s’en satisfaire. La nourriture a l’air globalement bonne et là aussi, quasi tous les élèves de sa classe y déjeunent. A sa demande, je la récupère pour manger avec moi, les mardi et vendredi. C’est un peu la course car elle sort à 11h45 et je dois la redéposer à 13h pour la sieste obligatoire. Bref, ma petite grande s’autonomise et a encore plus de moments loin de la maison.

Et pour Mr Papaye aussi, cela change pas mal de choses. Il gère trois fois par semaine la récupération des trois puis le début de soirée en mode solo. Parfois même jusqu’au coucher. Il ne s’ennuie pas ! Parce que trois enfants de moins de quatre ans tout seul, surtout en fin de journée, je sais ce que c’est, hein ! Je le retrouve régulièrement avec un bébé dans les bras qui attend sa tétée avec impatience, un deuzan qui pleure de fatigue devant son assiette et une troizanetdemi qui courre partout au lieu de manger. Mais il s’adapte comme un chef et je le remercie pour ça. Parce que ce serait vraiment compliqué pour moi de finir plus tôt chaque soir et savoir que je peux compter sur lui m’épargne une culpabilité inutile.

Allaitement et reprise du travail

La fin du congé maternité, c’est aussi la question de la poursuite ou non de l’allaitement maternel.

Pour moi, pas de doute possible, je souhaitais poursuivre malgré les longues heures de séparation d’avec Litchi. J’ai donc retrouvé mon ami le tire lait. Oh joie ! Je crois que d’allaitement en allaitement, c’est le paramètre qui me pèse le plus. Je n’ai repris que depuis un mois et j’en ai déjà marre trop souvent. J’arrive à tirer le midi sans problème mais je m’impatiente vite de ne rien pouvoir faire en même temps. J’ai pourtant la chance de tirer plutôt pas mal et assez vite mais ma patience est limitée quand on sait que ma pause méridienne n’est souvent que de trente à quarante minutes. Tant que Litchi n’est pas diversifié, je me force à tirer une deuxième fois dans l’après midi. Pour cela, la secrétaire me bloque systématiquement un ou deux créneaux de consultation. Mais parfois, j’ai du retard ou un coup de fil à passer et j’enchaîne sans prendre le temps du tirage. Heureusement que j’ai un peu de stock au congélateur pour pallier à mon manque de motivation. Et, je suis en train de me fabriquer une petite brassière pour tirer sans les mains, ce qui va me permettre de faire autre chose en même temps et peut être rendre ça moins pénible.

Je vous prépare un article spécifique sur la poursuite de l’allaitement maternel lors de la reprise du travail. En effet, en partie du fait du congé maternité ultra-court, la France obtient des durées d’allaitement parmi les plus basses d’Europe. Alors qu’avec un peu d’organisation et une bonne dose de motivation (là, je parle aussi pour moi), il est tout à fait possible de poursuivre longtemps tout en travaillant.

 

Voilà pour ce petit point post reprise. Au final, ça roule plutôt pas mal pour nous cinq et je suis certaine que le choix de reprendre à temps partiel n’y est pas étranger. C’est mon équilibre que j’ai trouvé et ça retentit sur celui de toute la tribu. Manque plus qu’un petit rab de sommeil et nous serons au top. A bon entendeur, bébé Litchi !

Rendez-vous sur Hellocoton !

14 thoughts on “Bilan à un mois de ma reprise

  1. Ah, le tire-allaitement et la reprise du travail, toute une histoire ! J’ai repris aux 5 mois de petit Lu est j’ai tiré jusqu’à ses 18 ou 20 mois, donc ça me rappelle des souvenirs !
    Je pense que la brassière qui te permet de faire autre chose en même temps c’est vraiment une bonne idée, tu pourras même expliquer ici comment tu as fait, ça pourrait être sympa.

    1. Merci pour ton message qui me fait très plaisir. Je suis comme tout le monde, j’ai mes jours « sans » où j’ai moins de patience et aussi des gens avec qui le feeling ne passe pas et c’est plus compliqué d’être bienveillante. J’essaie de garder en tête que mon premier intérêt reste l’enfant et ça m’aide à prendre sur moi parfois.

  2. Bonjour,
    Belle organisation. J’attends impatiemment l’article sur allaitement et travail… je reprends début Mai, pour les 5 mois de mon BB n°3 (qui est né à 37 SA) et je ne sais pas encore si je vais poursuivre l’allaitement après mon congé.
    Pour ton prochain post : quel tire lait conseilles-tu pour tirer au travail ? si on ne tire pas pendant 12-15h, la lactation s’arrête – t-elle? Merci et merci pour ce joli blog

    1. Bonjour et merci pour ce petit mot !
      Si c’est possible techniquement (branchement, encombrement…), je conseille un tire lait électrique double pompage, c’est ce qui est le plus efficace et le plus rapide chez la majorité des mamans. Après, certaines sont très à l’aise avec un modèle manuel qui est beaucoup plus pratique à balader avec soi. En tout cas, à tester avant pour voir ce qui convient le mieux.
      Sinon, passés plusieurs mois d’allaitement, la lactation est bien installée et il est souvent possible de ne pas tirer son lait tout en continuant d’allaiter matin et soir (et nuit parfois). Mais cela nécessite un temps d’adaptation progressif pour l’organisme, sinon le risque est soit celui d’un engorgement, soit d’une diminution de la lactation.

Laisser un commentaire

Back To Top