dimanche, mai 26, 2019
Carnet d'humeurs

Se sentir fragilisée

J’ai été très peu présente sur Internet ces dernières semaines, j’ai lu beaucoup moins de blogs et je suis encore moins venue écrire ici. En effet, quelques soucis de santé m’ont obligée à me tenir loin des écrans en ce mois de février. Une déconnexion forcée! Ça semble aller doucement mieux. J’avais donc prévu de prendre un petit temps aujourd’hui, pour publier enfin l’article sur la rentrée de Goyave et j’ai aussi celui sur le Panorama de février à terminer.

Mais finalement un événement brutal et inattendu est survenu au début de la semaine. Et autant dire qu’il colore encore mes jours et mes nuits de tâches bien sombres. Alors aujourd’hui, c’est de ça dont j’ai besoin/envie de parler.

Nous avons eu un accident de voiture. Assez banal et pourtant je sens bien que j’ai du mal à m’en remettre. J’étais avec Goyave et Kiwi dans la voiture, on débutait notre journée comme d’habitude. Et là, nous avons heurté une autre voiture sur une route de campagne. C’est un accident matériel et aucun d’entre nous n’a été blessé. La voiture a redémarré malgré sa tôle un peu défoncée et ses morceaux en moins et nous avons repris le cours de notre journée. Les enfants sont allés chez la nounou et moi au travail. Extérieurement, presque comme si de rien n’était.
Pourtant, si j’ai envie d’écrire là dessus aujourd’hui, c’est pour m’aider à digérer. J’ai besoin d’extérioriser toutes ces émotions qui me traversent encore. Car intérieurement, c’était autre chose. J’ai vécu 24 h d’angoisse quasi-permanente, de flashs à revoir l’accident se faire. Quasi impossible de penser à autre chose. Dès que je réussissais à oublier quelques instant, cela me revenait comme un boomerang. Des réveils nombreux et des cauchemars les nuits qui ont suivies.
Depuis, chaque fois que je reprends la voiture, l’angoisse remonte et j’ai peur de tout. Une voiture qui arrive en face un peu vite, une voiture qui me suit de trop près, une autre qui arrive sur ma droite, toutes me provoquent des sueurs froides, mon cœur s’accélère, je sursaute. Je ne me sens plus du tout en sécurité en voiture. J’essaie de prendre sur moi parce que je n’ai pas d’autres choix que de conduire et puis les enfants sont souvent avec moi et je veux paraître sereine devant eux.
 
C’est mon premier vrai accident et j’ai mon permis depuis plus de 10 ans. Aujourd’hui, pourtant, je me sens comme une conductrice novice. Je suis en état d’hypervigilance permanent sur la route et j’ai peur d’un rien. J’espère que les choses vont vite se tasser et que je vais retrouver un minimum de sérénité au volant. Cela va déjà mieux car mes journées ont repris leur cours normal en dehors des temps de conduite. J’ai mieux dormi cette nuit. Mais je me sens quand même ébranlée de l’intérieur. Ma vie qui roulait si douce depuis quelques temps me semble maintenant si fragile. Le bonheur peut s’éteindre en quelques dixièmes de secondes. Écrire tout ça me fait prendre conscience qu’il faut justement que je remonte vite la pente pour profiter de chaque instant. Nous avons eu de la chance. Quelques centimètres de plus par là ou quelques kilomètres/heures de plus et l’issue aurait pu être bien plus sombre.
 
Tumulte intérieur

Juste un mot concernant les enfants, cet accident ne semble pas les avoir traumatisé. Kiwi est petit et circule dos à la route donc il n’a rien dû voir de l’accident. Simplement ressentir le choc. Son comportement n’a rien montré de particulier, ni sur le coup, ni les jours qui ont suivi. Il est égal à lui même et tant mieux. Pour Goyave, je m’inquiétais un peu plus car elle est face à la route et a vu en partie ce qui se passait. Finalement, rien ou presque. Elle a dit à son papa que les voitures s’étaient cognées et c’est tout. Elle n’en a pas reparlé et ne manifeste aucun changement dans son comportement. Elle ne semble pas angoissée en voiture malgré mes propres inquiétudes qu’elle ressent sûrement. Bref, mes enfants vont bien. C’est un poids de moins pour moi de savoir qu’ils ne sont pas marqués par cet événement. Je crois que la culpabilité aurait été au premier plan sinon.

C’est un article un peu brouillon mais j’ai choisi de le publier tel quel car il reflète mon état d’esprit d’aujourd’hui.    

Je reviens vite pour vous raconter notre mois de février, qui a comporté aussi plein de bons moments. Puis, enfin, l’article sur la première rentrée de Goyave.

5 thoughts on “Se sentir fragilisée

  1. Courage Docteur Mamangue!
    Pour l’instant, ce n’est pas facile. Mais ensuite ça ne sera qu’un souvenir (j’ai vécu ça avec une plaque de verglas…).

  2. Parfois certains événements nous bouleversent sans qu’on sache vraiment pourquoi. Mais là tu sembles avoir réussi à mettre le doigts sur le problème. Se rendre compte que la vie est fragile est un choc, il te faut juste un peu de temps pour t’en remettre, et profiter de nouveau ! Courage, ça ira bientôt mieux j’espère !

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