vendredi, novembre 15, 2019
Allaitement Allô Docteur Mamangue Litchi

De l’autre côté

J’ai passé la frontière. Hier, je suis retournée à l’hôpital, « mon » hôpital, mais cette fois, c’est du côté des parents, des patients que j’ai atterri. Ce n’est pas la première fois et probablement pas la dernière non plus. Mais ça me fait toujours cette sensation étrange.

Je ne suis plus la pédiatre du service ou le médecin qui sait (ou doit savoir) et essaie d’expliquer, de rassurer un parent inquiet. Je suis la maman d’un bébé hospitalisé, un tout petit bébé d’un mois. Une maman presque comme les autres.

Une histoire de tout/toux

Je vous écris ce petit texte depuis le service de néonatalogie où Litchi est hospitalisé depuis hier.

J’avais en cours de rédaction mon panorama du mois d’octobre et un article sur nos premières vacances à 5. Je comptais finaliser ça hier, tranquillement à la maison. Entre un peu de lessive et de rangement post-retour d’une semaine de vacances à 5. Et puis, la vie en a décidé autrement.

La nuit de dimanche à lundi a été chaotique avec un bébé qui avait des difficultés respiratoires et de grosses quintes de toux, jusqu’à s’arrêter de respirer pendant quelques secondes. Hier matin, nous avions le rendez vous pour son premier mois alors j’ai attendu jusque là pour avoir un second avis. Et en accord avec sa pédiatre, nous avons conclu qu’il valait mieux consulter aux urgences pour des analyses complémentaires.

Accompagner mon bébé malade

Comme pour tous les parents, le plus dur, c’est de voir son bébé souffrir. La pose de perfusion, la prise de sang, le prélévement naso pharyngé… autant de moments qui ont fait se serrer mon coeur et monter les larmes dans mes yeux.

Je n’aime pas voir les enfants avoir mal ou peur, évidement mais quand c’est le sien, ça prend aux tripes physiquement. L’envie de leur crier d’arrêter et la raison qui essaie de faire entendre que c’est pour la bonne cause.

Une parenthèse sous surveillance

Les premiers résultats sont revenus rassurants. Mais au vu de son âge, obligation de rester sous surveillance, au moins pour la nuit. Nous avons donc été installé dans une chambre du service de néonatalogie, bébé scopé. Hors de question bien sûr de le laisser seul alors jai pris mes quartiers près de lui dans ce petit box surchauffé.

L’occasion d’une drôle de parenthèse dans la vie quotidienne : n’avoir que lui à m’occuper, en profiter pour lui donner 100% de mon temps, de moi et, en même temps, l’envie d’être ailleurs.

Le sentir contre moi, nos coeurs qui battent à l’unisson, l’un contre l’autre. Masser ses petits pieds, caresser ses jours rondes, m’imprégner de son odeur de bébé. Lui parler, lui raconter, lui expliquer. Le regarder dormir. Attraper des grains de bonheur. Semer de l’amour.

Avoir le temps de lire, de surfer sur Internet quand il dort, de rêver, et même de m’ennuyer un peu.

Une maman parmi les autres

Je m’imagine toutes ces mamans, comme moi, dans les box voisins. Inquiètes pour leurs bébés si petits, nés trop tôt ou malades, je les vois assises sur leurs chaises et rongées par leurs angoisses.

Moi, je sais que mon bébé va aller bien. Ce n’est que l’histoire de quelques heures, quelques jours au plus. Alors que pour certaines, c’est leur vie entière qui est suspendue à un fil.

Pour d’autres, le voyage est plus serein, les étapes se passent l’une après l’autre sans trop d’obstacles en chemin.

Je lis la différence sur leurs visages dans les couloirs ou le salon des parents.

Mais pour tous, le temps est long entre ces murs.

J’entends aussi tous ces bébés qui pleurent, seuls et mon coeur se serre pour eux. Même si les professionnels sont très disponibles, ils ne peuvent pas être partout, ni passer une heure auprès d’un bébé qui aurait besoin d’être rassuré.

Et pour les professionnels, suis je une maman comme les autres ?

Je devrais être la maman de Litchi avant tout. Une maman, comme les autres, mais finalement, je sens qu’elle revient toujours la professionnelle que je suis aussi, au détour d’une question, d’une remarque, d’une hésitation. Certains semblent plus stressés devant moi, me demandent mon avis,  quand d’autres me tutoient, souvenirs de mes études dans ce même service. Dans les couloirs de l’hôpital, je croise pléthore de têtes connues, qui me demandent toutes ce que je fais là, où je travaille maintenant. Se mélange ma vie de maman et ma vie de médecin.

 

Voilà les quelques mots que je voulais poser là, pour y laisser ce tout petit bout de notre histoire. Un peu en vrac mais le manque de sommeil commence à m’atteindre!

Mon Litchi se réveille et je reprends mon programme, câlins sans fin et tétées à volonté.

Belle journée à vous.

 

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5 thoughts on “De l’autre côté

  1. Bon courage et j’espère que Litchi va vite se rétablir !
    J’ai connu ces heures assises à regarder ma petite, à me demander ce qui se passait. Nous étions restées dix jours à l’hôpital quand elle avait un mois. Mis à part une docteure très désagréable, le personnel soignant et médical avait été vraiment adorable et à l’écoute.

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