jeudi, octobre 24, 2019
"Crises de mères" Allô Docteur Mamangue Education

Pourquoi et comment éviter de crier sur ses enfants ?

C’est un constat, j’ai crié sur Goyave.

Et je le ferai probablement encore.
Parce que je suis humaine et que mes propres émotions me débordent parfois.
Mais je travaille dessus et cela m’arrive de moins en moins souvent de perdre pied et de crier.

(Je n’ai jamais crié sur Kiwi jusqu’à maintenant, est-ce que c’est parce qu’il est plus petit ? Ou plus « facile »?)

Crier sur ses enfants.

On a parfois l’impression que c’est la seule méthode pour se faire obéir (Et ça veut dire quoi d’ailleurs « se faire obéir » ? Et faut-il se faire obéir ? C’est une autre question!)
Souvent, c’est l’explosion qui nous dépasse pour un acte ou une parole, que finalement à un autre moment, on aurait su gérer différemment. Mais ce jour là, c’est la goutte d’eau qui nous fait déborder.
 

Savoir que c’est inutile de crier et contre productif est la première étape. Comprendre le cercle vicieux dans lequel cela nous entraîne permet de trouver les clés pour en sortir.

Comme dit Isabelle Filliozat : « Il est paradoxal de crier sur un enfant pour lui demander de se calmer ». Et pourtant, on le fait tous ou presque.
Qu’en est il de l’exemple que l’on donne si on ne veut pas que nos enfants crient et qu’on leur hurle dessus. Nous savons à quel point l’exemple est important dans l’éducation des jeunes enfants et qu’ils apprennent beaucoup plus de ce que nous sommes et de nos attitudes que de nos paroles et tentatives d’éducation pure. C’est le rôle des neurones miroirs, j’en reparlerai une autre fois.
 

Pourquoi faut-il éviter de crier sur ses enfants ?

Les cris, lorsqu’ils sont répétés ou non débriefés à posteriori, ont de réelles conséquences sur les enfants.

Lorsqu’on crie sur un enfant (ou un adulte d’ailleurs), celui-ci va sécréter de l’adrénaline, l’hormone du stress. Cela peut déclencher 3 types de réactions, qui sont contrôlées par notre cerveau archaïque :

– La fuite: l’enfant va partir se cacher, se réfugier dans une autre pièce.
– Le combat: l’enfant va répondre, crier lui aussi, ou essayer de taper l’adulte.
– La sidération: l’enfant va rester prostré, sans bouger devant son parent qui crie.
 
Chacune de ces réactions laisse une trace dans le cerveau de l’enfant. Leur multiplication modifie les circuits neuronaux et a donc des conséquences potentielles sur le développement du cerveau à long terme. Et donc sur la construction psychique de l’enfant. Cela a été démontré d’ailleurs par de nombreuses études scientifiques ces dernières années. Cela peut entraîner des troubles du comportements, des dépressions, des troubles relationnels avec les pairs…. Et bien sûr, des comportements éducatifs qui se reproduisent de génération en génération, rôle des neurones miroirs là encore.
 
Et quelque soit sa réaction, ce qui est sûr, c’est que l’enfant n’est pas dans une écoute attentive qui va l’aider à modifier son comportement. Au contraire, il n’a plus aucune capacité à réfléchir lorsque se déclenchent ces réactions archaïques et il n’en tirera aucun apprentissage car sa mémoire est mise sur off. Donc plus on crie et moins ils comprennent.
 
C’est sa sécurité qui est atteinte par les cris, or le besoin de sécurité affective est l’un des besoins primaires des individus. Cela affecte sa confiance en lui et son bien être global. Cela induit de la peur et si la fois suivante l’enfant obéit mieux, cela sera par peur et non par respect. Induire de la peur chez son enfant, pas très chouette pour un parent aimant.
 

Quelques techniques pour éviter de crier :

Respirer en allongeant son temps d’expiration et d’inspiration de manière forcée. S’y concentrer permet de retenir les mots prêts à sortir.
Compter jusqu’à 10 lentement. Le temps que la pression redescende en soi.
S’isoler dans une autre pièce ou sortir dehors. Ou passer le relais quand c’est possible.
– Utiliser une bouteille de la colère ou une balle anti stress.
– Aller boire un verre d’eau ou se mouiller le visage.
– Regarder une photo de son enfant bébé ou se rappeler un bon moment vécu avec lui.
– Lui faire un câlin, si on y arrive mais c’est parfois difficile d’en avoir envie quand on est en colère et l’enfant peut ne pas vouloir. Quand c’est possible, ça marche très bien pour calmer tout le monde. Et ça n’empêche absolument pas de reprendre les choses à froid ensuite.
– Avoir un mantra a se répéter : « ce n’est pas contre moi », « je reste calme », « mon enfant apprend », « je montre l’exemple »….
Exprimer le plus calmement possible à son enfant ce qu’on ressent, même s’il est petit. « Je suis fatigué. » « Je m’impatiente. »
Crier dans un coussin ou contre un mur. Parfois crier fait vraiment du bien mais dans ce cas utiliser plutôt un rugissement que des mots et ne pas le diriger vers son enfant.
 

Et si on a crié et qu’on le regrette ensuite, comment réagir ?

Parce que oui l’idéal serait de ne jamais crier sur nos enfants. Mais parfois dans la vraie vie, cela arrive quand même. Alors autant que cela nous apprenne quelque chose à tous.

Adulte, c’est l’occasion de se remettre en question, de chercher à comprendre pourquoi on a réagi comme ça, quel a été le déclencheur et réfléchir à comment on pourrait désamorcer les choses plus tôt la prochaine fois.

Pour l’enfant, il est important de pouvoir expliquer à posteriori sa colère et pourquoi on a réagi ainsi, de s’excuser et de lui montrer que l’on reconnait notre erreur. Lui rappeler qu’on l’aime et que ces cris étaient dirigés contre un acte ou une parole mais pas contre lui en tant que personne. Pouvoir exprimer ses regrets et mettre des mots sur les émotions qui nous ont traversé, c’est l’aider à gérer lui même ses émotions et à les comprendre. Cela ne nuit pas à notre autorité de parent mais au contraire, renforce la confiance de notre enfant.

C’est aussi le moment pour reprendre à froid, l’attitude qui a déclenché cette situation et d’agir en conséquence.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Back To Top